Après avoir rappelé toutes les étapes qui ont amené l’élaboration de la Charte africaine, son adoption à Nairobi en 1981 et son entrée en vigueur en 1986, l’auteur souligne que l’une de ses originalités, c’est l’affirmation du droit au développement. Il ajoute que la contribution du concept de "droit au déve-loppement" à l’élaboration des stratégies est fondamentale, d’autant que le contenu de nouveau droit englobe le principe d’autono-mie, l’égalité des chances, la participation au développement, l’accès aux ressources, aux gouvernements, aux institutions et enfin la responsabilité. Mais il précise aussitôt : à quoi servirait la seule proclamation d’un droit si dans le même temps, des efforts sérieux n’étaient entrepris pour installer concrètement les conditions de son exercice. Parmi ces efforts devra figurer en bonne place l’assistance juridique aux populations rurales les plus démunies. Mais par rapport à l’assistance juridique traditionnelle, l’approche recommandée par les séminaires de la CIJ (Commission inter-nationale de Juristes - Fédération des Organisations non gouvernementales au Togo) doit avoir pour objectif de fournir aux couches défavorisées de la population tous les autres services juridiques dont jouissent les personnes plus nanties. Il s’agit de les informer à propos de leurs droits et leur montrer comment les revendi-quer et les faire prévaloir ; les conseiller sur la manière de faire face à l’obstruction et aux difficultés ; mener des négociations en leur nom, chaque fois que c’est nécessaire avec les autorités ; à l’occasion initier des procé-dures dans des causes ayant une importance pour les communautés rurales, et étudier leurs problèmes pour promouvoir les réfor-mes législatives nécessaires. Enfin l’auteur termine à nouveau sur cette interrogation : à quoi serviraient les meilleurs instruments de droits de l’homme, les meilleures lois nationales, si l’on ne trouve pas les moyens d’atteindre les populations rurales, notam-ment dans les pays du Tiers-Monde, pour les aider à accomplir davantage de progrès dans la réalisation de leurs droits ? Les aider, souligne-t-il car paraphrasant un de ses collè-gues, "les pauvres et les opprimés doivent compter sur leurs propres forces et non sur les juristes, pour bâtir une société meilleure".